Personnalités historiques
Abdel Kader Haïdara
1964– · Mali
Né à Tombouctou en **1964**, dans une famille arabe installée dans la ville depuis le XVIe siècle, Abdel Kader Haïdara a dix-sept ans à la mort de son père en 1981 : il hérite de la bibliothèque familiale, avec l'**interdiction coutumière de la vendre**. C'est cette clause, plus qu'une vocation, qui décide de sa vie. Recruté en 1984 par **Mahmoud Zouber**, directeur de l'Institut Ahmed Baba, il passe dix ans à parcourir la boucle du Niger **à dos de chameau et en pirogue** pour convaincre des familles de sortir de leurs cachettes des manuscrits qu'elles y tenaient depuis la conquête marocaine de 1591. Le travail est un travail de confiance : il s'agit de demander à des gens de confier à l'État ce que leurs ancêtres avaient précisément soustrait à un État. En 1993, il se consacre à la **bibliothèque Mamma Haïdara**, du nom de son père ; en 1996, il fonde avec d'autres propriétaires privés l'association **SAVAMA-DCI** et refuse une offre de rachat du gouvernement libyen. Quand Tombouctou est occupée en avril 2012 par le MNLA puis Ansar Dine et AQMI, il organise l'**évacuation clandestine** des collections privées vers Bamako, dans des malles en métal, financée à hauteur d'environ un million de dollars par des fondations et des États européens. Il annonce en 2013 avoir déplacé **377 491 manuscrits**. ⚠️ Ce chiffre est **contesté** : l'historien Bruce Hall estime que l'Institut Ahmed Baba n'en détenait que trois à cinq mille, et Jean-Louis Triaud tient ces nombres pour symboliques plutôt que quantitatifs. Le catalogue Yeliba ne tranche pas et donne les deux positions, comme il ne conteste pas que **l'opération a eu lieu et qu'elle a réussi** — ce qu'aucun des historiens qui ont enquêté ne remet en cause. Docteur honoris causa de l'École normale supérieure de Lyon en 2012, prix allemand pour l'Afrique en 2014, il est vivant, et le **droit de réponse lui est dû avant tout enregistrement** du récit qui le concerne.
Pays de son parcours
Mali
