Personnalités historiques
Ahmed Baba
1556–1627 · Mali
Abou l-Abbas **Ahmed Baba** ben Ahmed ben Omar ben Mohammed Aqit, juriste malékite de Tombouctou, est né le **26 octobre 1556** au village d'Araouane. Il appartient aux **Aqit**, famille berbère sanhaja de branche massoufa dont tous les ancêtres, aux XVe et XVIe siècles, furent imams de Sankoré ou cadis de Tombouctou. Il est formé par son père, son grand-père, et surtout par le savant ouankoré **Mohammed Bagayogo**. Après la conquête marocaine de l'empire songhaï, il est arrêté avec toute sa famille dans la mosquée de Sankoré le **20 octobre 1593**, sur ordre du pacha Mahmoud ben Zergoun, puis déporté **enchaîné** à Marrakech en 1594 ; il tombe de son chameau pendant le trajet et se casse la jambe. Sa bibliothèque est pillée, et il en donne la mesure d'une phrase : « De tous mes amis j'étais celui qui avais le moins de livres, et cependant on m'a pris **mille six cents volumes**. » Libéré en mai 1596 à condition de résider à Marrakech, il y enseigne onze ans devant les plus grands savants du Maroc — avec une prononciation défectueuse, précisent les sources, et devant la foule. Il rend des fatwas mais **refuse la charge de mufti**, pour ne pas paraître accepter son exil. Il y écrit l'essentiel de son œuvre, dont le dictionnaire biographique *Nayl al-ibtihâj* (1596) et la consultation ***Miʿrāj al-ṣuʿūd*** sur l'esclavage, où il établit que **la mécréance, et non la couleur de la peau**, est le seul fondement licite de l'asservissement — en opposant aux théories sur la couleur le hadith « Dieu a créé Adam de toute la Terre ». ⚠️ Le même texte comporte une seconde liste, vraisemblablement destinée à guider les marchands dans leurs achats, et le récit ne l'escamote pas. Autorisé à rentrer par Moulay Zidân, il arrive à Tombouctou le **8 avril 1607**, y enseigne vingt ans, et meurt le **22 avril 1627**. L'institut national malien des manuscrits porte son nom.
Pays de son parcours
Mali
Maroc
