Historical figures
Bruce Hall
United States
Professeur d'histoire américain, spécialiste reconnu de Tombouctou et de la boucle du Niger, Bruce Hall est l'homme par qui ce récit devient possible — parce qu'il a accepté d'écrire publiquement ce que le milieu savait et taisait. Le **8 juin 2013**, il met en ligne un texte au titre sans détour : *Timbuktu manuscripts fundraising response*. Ce qui le fait réagir est un appel aux dons lancé aux États-Unis sous l'intitulé **« Timbuktu Libraries in Exile »**, dont l'objet annoncé est de mettre à l'abri « 300 000 manuscrits médiévaux évacués de Tombouctou ». Hall organise sa réponse en trois points, et le récit les prend dans l'ordre. **Les manuscrits sont mal caractérisés.** Les collecteurs de fonds en parlent en des termes qui flattent l'attente occidentale : traités d'astronomie, de médecine, de résolution des conflits. Une lecture propose même d'y chercher des modèles de paix utilisables au nord du Mali d'aujourd'hui. Hall conteste : on méconnaît la valeur de ces bibliothèques en les séparant du contexte intellectuel et culturel qui les a produites. Ce ne sont pas des manuels de paix. **Le nombre est exagéré.** *« Le nombre de 300 000 manuscrits cité dans l'appel de collecte de fonds est au mieux une estimation du nombre total de manuscrits arabes qui existent dans le nord du Mali »*, écrit-il. Puis il compte, fonds par fonds, en s'appuyant sur ce que détenait réellement l'Institut Ahmed Baba, la plus importante collection de manuscrits arabes du pays au début de la crise. C'est ce calcul, et non une opinion, qui a fait scandale. Il est aussi la source du fait qui ouvre le récit. L'incendie de janvier 2013 a bien eu lieu — mais dans un bâtiment où les manuscrits n'étaient pas entreposés. Hall évalue les destructions à **« peut-être plusieurs centaines »** de documents, quand l'annonce que les manuscrits avaient brûlé faisait le tour du monde. Il faut mesurer ce qu'il ne dit pas. Hall ne conteste ni que l'évacuation ait eu lieu, ni qu'elle ait été dangereuse, ni qu'elle ait réussi. Sur ce point, il rejoint Charlie English et **Jean-Louis Triaud**, qui écrit : « L'opération, certainement délicate, a été réussie. » Le récit n'est pas un démenti, et Hall n'est pas un démolisseur. Il est le chercheur qui a rappelé qu'un patrimoine n'a pas besoin d'être exagéré pour mériter d'être sauvé.
Countries they acted in
Mali