Personnalités historiques
Jean-Louis Triaud
France
Historien français de l'Institut des mondes africains, Jean-Louis Triaud a établi la **chronologie complète** de ce que les Européens savaient des manuscrits de Tombouctou. C'est cette chronologie qui déplace tout le récit. Elle commence en **1853**, quand l'explorateur allemand **Heinrich Barth**, en mission pour la Société britannique de géographie, identifie au nord du Nigeria des parties d'une chronique soudanaise. Elle se poursuit sur un siècle et demi de traductions, d'inventaires et de missions de l'UNESCO. Conséquence : lorsqu'un professeur de Harvard s'émeut en 1997 devant les manuscrits d'Abdel Kader Haïdara, cela fait **cent quarante-quatre ans** que la chose est connue des savants et **trente ans** que l'UNESCO travaille sur place. Ce qui naît en 1997 n'est pas la connaissance. C'est la célébrité. Triaud décrit ensuite la mécanique qui se met en place à partir du documentaire de Gates, et il en distingue trois ressorts, dont le premier suffit à comprendre les deux autres : on laisse germer l'idée qu'il s'agit de la **découverte de richesses restées totalement inconnues jusqu'alors**. Sur les chiffres, il est net sans être méprisant : > *« Il s'agit là de chiffres jetés en l'air, sans bases de calcul. […] Ce sont des chiffres symboliques qui ont pour fonction de suggérer, non de quantifier. Cela aussi fait partie de la construction d'une légende autour de ces manuscrits. »* Combien y en a-t-il alors ? Triaud, qui ne cherche à démolir personne, ne donne qu'un ordre de grandeur qu'il juge recevable : **plusieurs dizaines de milliers de manuscrits dans toute la zone**, Tombouctou comprise. Et il faut lui laisser la phrase qui empêche de le lire de travers. Sur l'évacuation elle-même — celle qui fait l'objet du récit —, il écrit : **« L'opération, certainement délicate, a été réussie. »** Un historien qui démonte la mise en scène d'un sauvetage et confirme le sauvetage dans la même page est exactement le genre de source dont ce catalogue a besoin. Sa fiche est là pour cela.
Pays de son parcours
Mali
