Historical figures
Mahmoud Zouber
Mali
Historien malien, Mahmoud Zouber fut le premier directeur du centre de documentation créé à **Tombouctou en 1973** sur recommandation d'une mission de l'UNESCO — centre devenu en 2000 l'**Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba**. Sa décision fondatrice tient en une mission confiée à un jeune homme. En **1984**, il vient chercher **Abdel Kader Haïdara**, alors âgé de vingt ans, et lui demande de parcourir la boucle du Niger à la recherche des manuscrits, et de convaincre leurs propriétaires — **en les payant s'il le faut** — de les confier à l'institut. Le mandat mérite d'être pesé, car il contient déjà toutes les tensions du dossier. Il reconnaît que les manuscrits sont **entre des mains privées**, et que l'État n'y a aucun droit ; il admet que la persuasion peut passer par l'argent ; il fait dépendre une politique publique de patrimoine de la capacité d'un homme à obtenir la confiance de familles qui cachaient leurs livres depuis 1591. Trente ans plus tard, ce sont ces mêmes collections privées, et non celles de l'institut, que l'on évacuera vers Bamako. En **1992**, il autorise le versement du premier catalogue de l'institut dans la base de données universitaire qui deviendra la **West African Arabic Manuscript Database**. Ce geste-là est d'un autre ordre et il est décisif : il fait passer un fonds africain d'un statut de trésor local à celui de corpus consultable et vérifiable. C'est cette base qui permettra ensuite à des chercheurs de discuter les chiffres avancés en 2013 — c'est-à-dire de contester, avec les outils que l'institut avait fournis, le récit que l'institut avait contribué à rendre possible. Les sources consultées ne donnent ni sa date de naissance ni celle de sa mort. Le catalogue Yeliba le nomme parce qu'aucune des collections sauvées en 2012 n'aurait été identifiée sans la campagne qu'il a lancée en 1984.
Countries they acted in
Mali