Personnalités historiques
Mamma Haïdara
?–1981 · Mali
De son nom complet Mohamed Haïdara, dit **Mamma**, érudit musulman de Tombouctou et père d'Abdel Kader Haïdara. Dans sa jeunesse, il voyage jusqu'au **confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu** — soit une traversée du continent d'ouest en est, entreprise à une époque où l'on ne la faisait pas pour le plaisir. Il s'installe ensuite dans le quartier de **Sankoré**, où il ouvre une école traditionnelle. Il rassemble au cours de ses voyages une collection considérable de manuscrits, dont les sources citent trois pièces : un traité de jurisprudence islamique du début du XVIIe siècle, un **Coran du XIIIe siècle sur vélin d'antilope**, et un livre saint écrit sur de la **peau de poisson**. Ces supports disent quelque chose que les chiffres ne disent pas : on écrivait ici sur ce que l'on avait, et ce que l'on avait n'était pas du papier européen. Il fait don d'une partie de sa collection à l'Institut Ahmed Baba — geste qui n'allait pas de soi, la plupart des familles de Tombouctou ayant au contraire caché leurs fonds depuis la conquête marocaine de 1591. À sa mort en **1981**, la collection familiale échoit à celui de ses enfants jugé le plus intéressé : son fils **Abdel Kader**, dix-sept ans. Le choix n'est ni testamentaire ni égalitaire ; il repose sur une appréciation, et il s'est révélé exact. La bibliothèque qui porte son nom compterait aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers d'ouvrages. Sa notice figure dans ce catalogue pour une raison qui dépasse la filiation. Le récit *Ce qu'il y a dans les malles* montre que Tombouctou n'était pas le grand centre savant qu'on imagine, et que l'essentiel des manuscrits est constitué de cahiers et de papiers ordinaires plutôt que de traités médiévaux. Un homme qui traverse l'Afrique pour acheter des livres, puis en donne une part à une institution publique, est précisément ce qui rend cette archive possible — et il n'a ni date de naissance, ni notice savante.
Pays de son parcours
Mali
